Le mot « ergothérapie » suscite beaucoup d’interrogations!  Un ergothérapeute… ça fait quoi au juste? Quelques braves ont tenté des hypothèses : « C’est pour traiter les pieds? », «Est-ce que ça vend des produits naturels?», « Ergo… c’est comme un ergonome? ».

J’ai décidé qu’il était temps de faire la lumière sur l’ergothérapie et de répandre la bonne nouvelle dans cet article! Soyez patient, ça ne se résume pas en une phrase! Pour vous donner un meilleur portrait, je vous propose un petit voyage dans le temps.

Nous commençons notre épopée dans les années 1800. Le fondateur de l’ergothérapie (ou « Occupational Therapy » en anglais) était un psychiatre (oui oui, un psychiatre!) du nom de William Rush Dunton. En 1892, il a émis les 7 principes à la base de l’ergothérapie. Avant de vous les présenter, voici une petite mise en garde : ce texte a été écrit en 1892, donc les mots utilisés ne sont pas très modernes; soyez indulgents!

  1. Le travail devra faire partie du traitement (« le travail » peut faire référence à toute activité importante pour une personne, ce qui inclut aussi l’école, les loisirs, les sports et les activités de la vie quotidienne
  2. Le travail devra être intéressant (Oh oui!)
  3. Le patient devra être étudié attentivement (On ne traite pas seulement une condition médicale, on évalue et on traite des humains à part entière).
  4. Une occupation ne devrait jamais mener à la fatigue (On apprend au client à mieux gérer leur énergie, reconnaitre les signaux du corps et respecter ses limites personnelles lorsqu’il réalise des activités).
  5. L’occupation devrait avoir une fin utile. (On aide les gens à atteindre leurs objectifs et réaliser des projets qui sont importants pour eux.)
  6. Préférablement, l’occupation devrait mener à une augmentation des connaissances du client. (En réalisant des activités significatives, une personne peut développer des habiletés, en apprendre davantage sur elle-même, sur ses forces et ses limites).
  7. L’occupation devrait être menée avec d’autres (La participation à des activités nous amène à connaitre d’autres personnes et à créer des liens avec eux).

En résumé, quand je lis ces principes, ce que je retiens c’est : l’ergothérapie aide les gens à atteindre leurs objectifs de vie, apprendre sur eux-mêmes, devenir de meilleurs personnes et par conséquent, être plus heureux!

L’ergothérapie a connu un essor important durant la première et la deuxième guerre mondiale, lorsque les soldats blessés revenaient au pays. Leurs blessures étaient autant physiques (ex : amputations) que mentales (ex : dépression, trouble du stress post traumatique). Les ergothérapeutes, en utilisant des activités significatives comme traitement, visaient à guérir les patients de leurs blessures physiques et mentales.

Entre la seconde guerre mondiale et les années 1980, l’ergothérapie a connu sa période creuse. Les fondements ont été plutôt mal interprétés et certains ergothérapeutes se sont servis des activités pour traiter des maux physiques, sans trop prendre en considération les intérêts et les objectifs de leurs clients. Les activités, qui au départ devaient être significatives pour les clients, sont devenues des activités plutôt ennuyantes et répétitives.

En 1980, un ergothérapeute du nom de Gary Kielhofner a créé un nouveau modèle (Le Modèle de l’Occupation Humaine) pour évaluer et intervenir auprès des clients avec une approche humaine et globale, en remettant en avant plan l’essence de l’ergothérapie comme elle a été créée dans les années 1800.

Notre cours d’histoire accéléré est maintenant terminé. Pour ma part, j’ai beaucoup d’estime pour cette vision humaine de l’ergothérapie et je suis d’avis que les fondements sur lesquels reposent ce beau métier doivent toujours être mis en valeur lors de traitements en ergothérapie. C’est ce que je préconise dans mes propres thérapies.

Et voilà, j’espère que vous aurez une idée plus claire de ce qu’est un ergothérapeute lorsque vous entendrez parler de ce métier!

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