La médication : pour ou contre?

Les études démontrent que 70% des enfants souffrant du TDAH répondent bien au traitement médical. Pour ma part, je suis d’avis que la médication (ex: Ritalin, Concerta) peut être une intervention bénéfique dans le traitement du TDAH.

Tel que mentionné dans mon article précédent sur le TDAH, ce trouble est d’origine neurologique. Le TDAH affecte la zone frontale du cerveau, qui abrite les fonctions telles que le jugement, l’attention, la prise de décision, etc. Quand une personne a un TDAH, c’est qu’elle a un manque de dopamine dans la zone frontale du cerveau.

La dopamine, un neurotransmetteur, permet de faciliter la transmission d’informations d’une cellule à l’autre dans le cerveau. Quand il manque de dopamine, les connections dans le cerveau sont plus lentes et moins efficaces.

De façon simplifiée, la médication a pour objectif d’ajuster la quantité de dopamine dans le cerveau. Ainsi, les connections sont plus efficaces et l’enfant peut mieux utiliser ses capacités (jugement, attention, etc.).

C’est comme si on donnait une paire de lunette bien ajustée à un enfant qui a des problèmes de vision. Cet exemple est tiré du livre « mon cerveau a besoin de lunettes » d’Annick Vincent. Ce livre imagé et bien vulgarisé devrait être lu à tous les enfants avec un TDAH. D’ailleurs, il existe aussi la version pour adulte : « Mon cerveau a ENCORE besoin de lunettes ».

Comme ergothérapeute, je vois la médication comme une clé qui permet d’ouvrir une boite à outils de stratégies. La médication permet au cerveau de l’enfant d’être prêt à recevoir des enseignements sur des outils bénéfiques pour lui.

La médication : mise en garde

On dit que la médication n’est pas favorable lorsque les effets secondaires excèdent les effets bénéfiques du traitement. Dans cette situation, par exemple, lorsque l’enfant présente une grande perte d’appétit, qu’il se sent « zombi » ou qu’il semble avoir perdu sa joie de vivre habituelle, il est temps de cesser la médication et d’en parler au médecin. Le médecin proposera sans doute des ajustements de dosage ou proposera un autre type de médicament.

Gare aux faux diagnostics!

Les faux diagnostics de TDAH  sont encore trop fréquents. Chez nos voisins du sud, près d’un million d’enfants ont reçu à tord un diagnostic de TDAH. C’est un trouble difficile à diagnostiquer, car de nombreux facteurs peuvent être à l’origine des difficultés d’attention. Voici quelques facteurs qui pourraient expliquer les difficultés attentionnels chez l’enfant :

Facteurs médicaux:

  • Problèmes cardiovasculaires
  • Épilepsie
  • Obésité
  • Apnée du sommeil
  • Troubles visuels ou auditifs

Santé mentale:

  • Trouble de l’humeur (ex: dépression)
  • Trouble d’anxiété
  • Abus de substance
  • Trouble oppositionnel
  • Trouble du spectre de l’autisme / trouble envahissant du développement

Autres facteurs:

  • Difficultés de lecture (dyslexie, dysorthographie)
  • Conflits familiaux
  • Deuils
  • Intimidation
  • Conflits avec des amis
  • Trouble du langage
  • Trouble d’attachement
  • Dyspraxie / Trouble d’acquisition de la coordination

Le traitement doit être conséquent avec la réelle cause du problème. Si votre enfant n’a pas de TDAH, la médication (ex: Ritalin, Concerta) n’aura aucun effet positif pour améliorer son attention.  En ergothérapie, nous utilisons une approche très globale pour évaluer toutes les sphères de la vie de l’enfant et pour cibler les vraies causes possibles du problème.

En ayant une compréhension complète de la situation de l’enfant, il est plus facile de l’orienter vers les bons traitements. Nous travaillons en collaboration avec les médecins, les psychologues et neuropsychologues qui peuvent diagnostiquer le TDAH.

 

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Source

Livres et documents à consulter :

Vidéo pertinente (en anglais)

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