Cette semaine, le ministre de l’éducation a annoncé 100 nouvelles classes de maternelle quatre ans pour toute la province, en septembre 2016. Les milieux défavorisés seront ciblés.

Les objectifs ministériels sont louables, il reste à voir s’ils pourront être appliqués de façon réaliste dans leurs nouvelles classes. Selon moi, cette décision ne règlera pas tous les problèmes, mais c’est un pas dans la bonne direction!

Des impacts positifs sur la lecture et l’écriture

D’abord, statistiquement parlant, les québécois tirent de l’arrière en lecture et en écriture:

  • Le Québec figure parmi les provinces et territoires qui contiennent les plus grandes proportions d’adultes ayant une faible habileté en littératie (53,3%) comparativement à la moyenne nationale.

  • Selon statistique Canada, 48,5% des individus de 16 à 65 ans démontrent de faibles habiletés en littératie qui les empêche d’être pleinement compétents pour la plupart des emplois à combler dans l’économie moderne.

Si on récapitule, près d’un québécois sur deux a des difficultés en lecture et en écriture, ce qui nuit à son employabilité une fois sur le marché du travail.

Mais qu’est ce qui pourrait bien expliquer ces chiffres décevants?  En fait, la très grande majorité des difficultés en lecture et en écriture sont en lien avec des lacunes 1) expérientielles et 2) éducatives.

En effet, les expériences positives répétées de lecture et d’écriture ont un réel impact sur les apprentissages. Donc, exposer des enfants de 4 ans à des expériences de lecture et d’écriture est une solution intéressante. Surtout dans des milieux plus défavorisés où les parents n’ont pas les capacités ou les ressources pour offrir ce support à leurs enfants.

Des lacunes sont aussi présentes dans les milieux éducatifs francophones. Comme la majorité des écrits scientifiques sont publiés en anglais, cela limite l’accès aux techniques d’enseignement de français les plus à jour et les plus efficaces. Trop souvent, l’enseignement du français est transmis de génération en génération d’enseignants. Les pratiques enseignées dans les écoles sont rarement remises en question. Cette situation est alarmante :

Les lacunes dans les méthodes d’enseignement ne sont pas à prendre à la légère : le niveau d’expertise des enseignants concernant le développement et le fonctionnement typiques de la lecture et de l’écriture influence le degré de réussite de leurs élèves dans ce domaine, surtout au début du primaire.

Les pratiques éducatives vont au-delà du succès scolaire et elles influencent positivement la santé, la participation citoyenne et l’employabilité des futures jeunes.

Bref, la méthode d’enseignement utilisée par l’enseignant(e) aura aussi un effet déterminant sur les apprentissages des élèves de la maternelle et du primaire. La maternelle 4 ans permettra aux élèves d’être davantage exposés aux activités de lecture et d’écriture, mais ça n’améliorera pas la méthode d’enseignement utilisée.

Un dépistage plus précoce des difficultés d’apprentissage?

J’espère que le ministère a prévu un volet « prévention et dépistage » dans son projet de maternelle 4 ans. En effet, ces classes offriront une possibilité de cibler plus rapidement les enfants à risques de problèmes d’apprentissage, de trouble du déficit de l’attention, du trouble envahissant du développement, de trouble du comportement, etc.

À ce sujet, il serait très profitable que les enfants soient évalués dès leur première année scolaire par un professionnel de la santé… comme un ergothérapeute! En dépistant plus rapidement les difficultés des élèves, il est possible d’intervenir plus rapidement et d’adapter les tâches pour les élèves en difficultés. Cela leur permettrait de vivre davantage de réussites et d’aimer l’école!

Source :

Les dyslexies-dysorthographies, Collection éducation intervention, Brigitte Stanké

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